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111ème référence, PUSSY CAT

 

Voici une partie de l'interview en mai/juin 2015 de Jacques Barsamian pour la revue « Le Club des années 60 ».

Formidable chanteuse des années 60, dotée d'un punch indéniable, la discographie de Pussy Cat est riches en pépites qu'on peut écouter en boucle.  Sur le web, un long et élogieux article sur elle en anglais se termine par « Pussy Cat est peut-être la chanteuse rock française la plus authentique de sa génération. Une sorte de Ronnie Bird au « féminin ». Sa gentillesse fait l'unanimité. Elle est nature, qualité appréciable chez un être. Cet amour de petite femme nous fait partager sa joie de vivre.

Depuis qu'on se fréquente, tu me dis que tu n'aimes pas parler de toi. Parler de soi, c'est le b.a.ba pour un artiste.
Je te confime ne pas aimer parler de moi, et encore moins de ma vie privée. Comme on se connaît bien, je vais répondre à tes questions, surtout sur ma carrière. Mais qui s'interesse à ma petite personne ? Ma carrière en tant que Pussy Cat a été brève : à peine quatre ans.

En tout premier, pour toi sur le plan musical, il y  a eu Johnny Hallyfay que tu reprends avec Chris Evans.
Je fréquentais un collège de filles, Victor Cousin dans le 5e près du Panthéon. En classe le déclic a été les disques que nous apportait Jocelyne Delion, vraie fan de Johnny, dont les parents étaient commerçants. Elle avait bien plus d'argent de poche que nous. Elle nous a fait découvrir les supers 45t. La première photo de lui dont je me souvienne est celle qui figure sur la pochette de « Kili Watch » sorti en 1960. On a toutes demandé à nos parents d'acheter des Teppaz.

Il y a eu, un peu plus tard, le Milk Shake Show à l'Olympia, à l'autome 1962, le premier concert rock auquel tu as assisté.Je m'en souviens comme si c'était hier.
Pour moi, ce fut le déclic ! Il fallait cinq capsules de bouteilles de lait pour entrer gratuitement. Avec cellles qu'avaient récupérées mes deux frères, j'en avait bien plus que ça. Je suis alléé à L'Olympia avec mes amies de collèges, dont Jocelyne, ainsi qu'une amie qui n'était pas en classe avec nous, Laurette Del Castillo qui était la fille d'amis de mes parents.Lors de ce concert, il y avait les Pirates avec Dany Logan qui chantait « Je bois du lait » l'adaptation de « Let's talk about us » de Jerry Lee Lewis. Une multitude d'autres chanteurs et groupes jouaient un rock sans concession. Les parents de Laure et les miens nous ont ensuite acheté des guiatres pour Noël.

C'est donc avec Laure et Jocelyne que tu as formé les Petites Souris, un orchestre qui contrairement à bien d'autres n'est pas né au Golf Drouot.
Nous ne nous sommes pas connues au Golf, mais nous avons été le tout premier groupe de filles à jouer sur le célèbre tremplin. Les autres Petites Souris, il y avait Laurette Del Castillo (17 ans) à la guiatare solo, Jocelyne Delion surnommée Toto Houé (16 ans) à la guitare, Denise Herlich (18 ans) à la basse, Deguy (18 ans) à la batterie, la seule qui ne faisait pas les chœurs ; Quant à moi j'étais au chant principal et à la guitare. Denise, par la suite, est partie et c'est Annie qui nous a rejointes aux claviers et Toto a pris la basse.
On répétait dans la sacristie d'une église en face de chez Deguy vers le métro Laumière. Après son départ nous avons eu d'interminables répétitions dans le marché couvert de Gennevilliers. Mon père nous aidait à transporter le matériel. On a participé à un autre tremplin, cette fois à la Mutualité  où on a présenté un répertoire sans reprises, uniquement mes compositions, dont certaines allaient figurer sur le disque. A la Mutualité, il y avait dans le jury un directeur artistique de chez Pathé Marconi qui nous a proposé une audition. Celui-ci trouvant que les autres n'étaient pas assez pro, a voulu n'engager que moi. J'ai refusé.

 

 

 


Les Petites Souris, dit-on, étaent la première formation de rock féminin française. Tu le confirmes ?
Ce n'est pas certain. En tous cas la première formation à interprêter du rock à la française. J'entrais en scène avec « Keep on running » du Spencer Davis Group que j'ai toujours adoré chanter. Les doubles voix qu'assuraient les guitaristes apportaient le petit plus qui nous rendaient musicalement crédibles.

Qu'est-ce qui t'as fait passer de la guitare à la batterie. Ce n'est pas évident de jouer de la batterie tout en chantant. C'est difficile de concilier les deux.
Lorsqu'en 1964, nous avons été engagées au Bilboquet et au club Pierre Charon, nous nous sommes définitivement rendues compte que le style de Deguy ne correspondait pas au nôtre. On s'engueulait sans arrêt avec elle. Ce n'était pas simple de garder une formation longtemps au complet pour les groupes, car nous devions concilier études et musique. La plupart des parents voyaient d'un mauvais œil l'univers artistique dont ils dressaient un tableau plutôt sordide. Quand elle est partie, Gérard Hugé nous avaient déjà engagées chez RCA en mars 1965. Lorsque nous sommes passées le samedi 26 novembre 1965 à l'Olympia avec Tom Jones, les Petites Souris sont devenues les Pussy cat d'après le tube de Tom Jones « What's new pussycat ? ». Au même programme, il y avait également Nino Ferrer, Noël Deschamps et Donovan. Dans la foulée, on a fait la Locomotive.

Comment en êtes-vous venues à rencontrer Gérard Hugé qui avait été plus tôt le batteur des Pingouins ?
Après avoir refusé la proposition de Pathé Marconi, on a participé à un concert avec les Surfs à la Salle des fêtes de Montargis.Nous ayant appréciées, l'organisateur a téléphoné à Gérard Hugé pour lui parler de nous. Il était devenu assistant de Daniel Filipacchi, sélectionnait les productions à sortir, notamment celles venant d'Amérique et d'Angleterre. Chez Decca/RCA, lui et Jacques bec étaient entourés de toute une équipe de jeune chanteurs dans laquelle, outre Noël et Stella, figuraient Claude Righi, Tom & Jerry, les Op'4, qui sont devenues les fléchettes quand elles ont rejoint Claude François, aussi Eric Charden, Bashung… Dans notre petite bande, tout le monde donnait son avis, on écrivait les uns piur les autres et présentait ses premiers fans aux autres. Cet esprit ne m'a jamais quittée. Gérard admirait Phil Spector et il adorait les disques sde Tamla Motown.

Vous êtes devenues les Pussy cat. Vous avez participé en février 1966 à la tournée française de Chuck Berry. Jean-Claude Berthon, directeur de Disco Revue qui présentait les soirées à la Locomotive, m'a demandé d'être l'interprète des négociations entre les patrons de la discothèque (Dont André Pousse) et Chuck. Ce fut quelque chose ! Chacun sait qu'il a toujours été près de ses sous. Que retiens-tu de ces concerts avec une si belle affiche ?
Annie partie à son tour, nous étions réduites à un trio, mais j'en garde pas moins un excellent souvenir. On partageait la première partie avec Antoine et les Problèmes, les Lionceaux et Ronnie Bird. Le cha,teur-pianiste Memphis Slim passait en vedette américaine. Chuck Berry était accompagné par des musiciens de Ronnie Bird, nous jouions sur le matériel des Lionceaux. Le coup d'envoi de ce spectacle époustouflant, inoubliable pour moi a été donné à l'Alcazar de Roubaix le 4 février. Nous avons fait un vaste périple à travers la France. Je me rappelle d'étapes à Strasbourg, Asnières, Amiens, Nancy, Lyon, Marseille. Le final, particulièrement effervescent, s'est déroulé au Balajan à Clichy, un lieu culte accueillant toutes les vedettes de l'époque. Pour une fille dans un spectacle rock, j'ai plutôt été bien accueillie. Les spectateurs semblaient plutôt intrigués de me voir débarquer avec mon tambourin pour scander le rythme.

Au printemps tu as effectué une longue tournée en province sous l'égide des Copains Menier, RCA a publié ton premier disque solo, un super 45 tours  « Ce n'est pas une vie ». Tu y es accompagnée, paraît-il, par des musiciens de Johnny hallyday, dont le guitariste Micky Jones, le bassiste Gérard Fournier dit Papillon et le batteur Tommy Brown.
Chez les disquaires en mai, « Ce n'est pas une vie » est passé régulièrement dans Salut Les Copains et s'est même hissé au hit parade de SLC. J'ai fait des télés en Suisse et en Belgique avec, et encore le 30 juillet je l'ai de nouveau chanté lors du show TV Tom Jones auquel participaient Marianne Faithfull, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Eric Charden et Zouzou. On a accéléré le morceau par rapport à l'original des Small Faces.

Tu t'es alors produite avec un chanteur qui deviendra une célébrité dans les affaires et la politique.
Bernard Tapy, avec un y. Nous sommes passés ensemble à la foire de Nancy. Bernard était déjà super bavard, séducteur. Avec moi, il s'est avéré attentionné, protecteur.


Le 25 juin 1966 à l'Alhambra tu as partagé l'affiche avec Tom Jones, Ronnie Bird, Noël Deschamps, Pascal danel, Tom & Jerry et les Sharks.
Il y a eu deux concerts, là encore mémorables. J'ai cru rêver. La promotion a été incroyable. Avec Tom, nous avons remonté les Champs-Elysées dans une superbe limousine. On a bénéficier d'une magnifique campagne de promotion dans la presse et à la radio. Parallèlement, j'ai présenté la mode dans le magazine féminin Mademoiselle Age Tendre. Mon deuxième super 45 tours est sorti le moi suivant. Mais celui-ci n'a malheureusement pas eu l'impact du premier.

A partir de l'été 66 tu es sollicitée de toutes parts. En juille, tu es en tournée avec Tom Jones, Tom & Jerry, croisant lors de certains galas Ronnie Bird comme à Nice ou Marseille. Le 14 août, on te retrouve à Paris pour un Musicorama à l'Olympia avant que les provinciaux ne te voient à leur tour dans le spectacle Inventaire 66 avec bien entendu Michel Delpech, mais également Hugues Aufray, Pascal Danel, Stone, Karine, et les Sharks..
Oui à chaque étape, le public enthousiste nous réservait un accueil très chaleureux. On a bien fait une vingtaine de villes entre le 4 novembre et le 5 décembre. Quant à l'Olympia auquel j'ai participé l'été précédent, c'était avec deux de mes groupes anglais préférés, les Moody Blues et le Spencer Davis Group. Et plus il y avait Noël Deschamps et les Cinq Gentlemen.

Toujours en 1966, il y a eu ta formidable adaptation du succès américain « Kicks » de Paul & the Raiders, un morceau enlevé avec de nouveau des paroles de Gilles Thibaut, titré dans notre langue « Vive la mariée ». Ce simple a été tiré à très peu d'exemplaires.
« Vive la mariée » est passé aux oubliettes. Le texte ne correspondait pas à ce que les radios diffusaient.
Le 19 février 1967, je chante « Vive La Mariée » dans A Tous Vents à la télé, avec Lucky Blondo, Valérie Lagrange, Sullivan et les Sharks. Gérard Hugé dirige alors les Sharks sur un EP de Ronnie Bird, « Tu en dis trop », avec « C'est en hold up » (« Head-line news » d'Edwin Starr) et « Je serre les poings » deux titres cosignés par moi sous mon nom de jeune fille, Evelyne Courtois. Je ne publie qu'un seul super 45 tours cette année-là avec deux morceaux des Hollies, « Arrêt d'autobus » (« Bus stop », également repris par les Diamants) et « Si Vous Avez Déjà Aimé » (« Have you ever loved somebody », aussi interprété par les Searchers). « J'avais juré » est la reprise de « Listen people » des Herman's Hermits, une autre composition de Graham Gouldman déjà responsable de « Bus Stop ». Le slow « Je te dirai » est une création de Christian Schaeffer et Jean-Claude Decamp. J'ai adapté « Little boy » de Phil Spector pour les Crystals en « Laisse-Moi » sur le second super 45 tours du groupe féminin les Op'4. Ensuite, j'ai interprété « Ce n'est pas une vie », en m'accompagnant à la batterie, à Tête De Bois & Tendres Années avec Richard Anthony, les Birds, les Charlots, Jacques Dutronc, Michel Fugain, Johnny Hallyday, Casey Jones, Eddy Mitchell, Sheila et Sullivan.
En février 1968 je revient avec un nouveau 45tours. « Dans Ce Monde De Fou » est une composition originale que je signe avec Sonny Silver (alias Gérard Hugé). En face B, « Aucune fille au monde » (« Power of love »), avec un chant des plus rock rarement entendu dans la langue de Molière et une bonne guitare psychédélique, est souvent diffusé à Salut Les Copains. Le 10 mars on me voit  sur le petit écran dans Dim Dam Dom avec « Dans ce monde de fou » aux côtés de Michel Polnareff, Jacques Dutronc, Serge Gainsbourg, les Moody Blues, etc. Le 11 avril, je suis  au générique de Jeudimage avec Eric Charden. En juillet, j'enregistre le rhythm'n'blues « Chance », que j'ai encore écrit avec Gérard Sonny Silver Hugé, et « On Me Dit », cosigné avec Patrick Dietsch, tout comme l'envoûtant « Le Plus Fort » qui restera longtemps inédit, car nous pensions qu'il y avait meilleur avec tous les titres qu'on enregistrait.

 

 

C'était un excellent cru… En Juin 1969, tu as sorti, cinq ans après Noël Deschamps « Te voilà », ta version de « She's not there », le tube des Zombies.
Ma version est peu différente de celle de Noël. Gérard a fait une autre orchestration avec un tempo plus rapide.

Tu as épousé Gérard Hugé, ton pygmalion, le 17 décembre en toute discrétion, à 19 ans.
Je me suis mariée parce que je faisais beaucoup de galas, que j'étais souvent sur la route, je me déplaçais sans cesse, cela inquiétait mes parents.

Gérard hugé nous a quitté à 55 ans en 1992, et il te manque beaucoup, d'autant qu'il t'a apporté énormément tant sur le plan professionnel que personnel.
Je préfère plus parler de lui que de moi. En studio, il fallait sans cesse recommencer car le mot inperfection n'appartenait pas à son répertoire. C'était un perfectioniste infatigable. Tout le monde reconnaît ses qualités de ses productions. Ce fut un incroyable travail pour l'époque où on enregistrait à l'époque en 4 pistes. Il demeurait à la console dutrant des heures pour que le mixage somme exactement tel qu'il le souhaitait. Nous travaillions des jours, des nuits entières jusqu'à c e qu'on ait la bonne prise. En plus, devenue batteuse, j'ai eu en lui le meilleur professeur qui soit, puisqu'il était au départ batteur de jazz.

Pourquoi as-tu mis un terme à ta tentative de devenir la vedette que tu aurais dû être ?
Cela avait été un déchirement pour moi d'avoir à abandonner le concept de groupe auquel je croyais tant. Je n'ai jamais cessé d'aimer cet esprit de musique qu'on partage, qu'on prend plaisir à faire au sein d'un  groupe. C'est ce qui m'a fait arrêter ma carrière de chanteuse sans regrets ; D'autant que j'ai continué à écrire pour d'autres artistes. Comme autrice, j'ai participé avec bonheur à l'aventure de pas mal d'artistes tel Christopher Laird, Blues Convention, les Marylènes, .  J'ai fait les chœurs  pour un 45tours de Balavoine à l'époque de Présence. Et puis Martin Circus avec « Judy soit discrète » («  Judy in disguise » de John Fred & his Playboys ») et « Monnaie monnaie » (« Sugar Sugar » des Archies) … La naissance du premier Martin Circus a constitué une période extraordinaire de crétion. Pour moi, « Tout tremblant de fièvre » et « Le matin des magiciens » sont des chansons cultes. Par la suite, durant la deuxième formule du groupe, j'ai écrit plein de textes. Au fait, j'ai aussi crée le style vestimentaire du Martin : Jeans étroits et baskets, mon aventure dans le monde de la mode ayant déjà bien démarré. Tandis que j'étais chanteuse, j'ai pris des cours de danse, de claquettes et de mannequinat. On m'a suggéré de faire un pressbook pour faire quelques castings. C'est ainsi que je suis rentré dans la mode. Durant des années, j'ai gagné ma vie en faisant ce métier-là. J'ai eu une expèrience au cinéma avec Claude Lelouch, une brève apparition en  1981 dans « Les uns et les autres » en 1981, où j'incarne une batteuse lors d'une scène avec Robert Hossein et Daniel Gélin.

On n'a plus vu le nom de Pussy Cat sur des étiquettes de disque, tu as néanmoins publié des disques sous d'autres pseudonymes.
Oui, j'ai enregistré sous divers pseudos lors de mon retour en 1976 comme membre d'Harmony 5, ensuite un simple chez Barclay sous le nom de Candy Sylver, un LP de Madame avec Freddy Meyer, etc.

Propos recueillis par Jacques Barsamian en mai/juin 2015.

 

 

Merci à Thierry Deschamps, Thierry Liozon, Jacques Barsamian & Christian Eudeline.

 

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